Brame du Cerf
Sologne
La Sologne, au cœur de l'automne. On gagne l'affût en milieu d'après-midi, longtemps avant que la forêt ne s'anime, et on attend. La lumière descend doucement, l'air fraîchit, la prairie s'ambre. Quelque part derrière les chênes, un cerf lance son premier appel.
Ce soir-là, il est venu beaucoup trop près. Si près que la toile de l'affût s'est mise à vibrer quand il a bramé. Ce n'est pas un son que l'on entend : c'est un souffle qui passe par le sol, remonte dans la poitrine et vous cloue sur place. Rauque, grave, interminable. On oublie l'appareil. On oublie même pourquoi on est venu.
Il a levé la tête vers le ciel, bois renversés sur le dos, la gueule grande ouverte — et derrière lui, les herbes sèches ont pris feu dans la lumière rasante du soir. J'ai déclenché presque sans y penser. Puis il s'est tu, a humé le vent, et il est reparti vers le bois comme si de rien n'était. Il m'a fallu un long moment pour que les mains cessent de trembler.
Ces fins de journée en Sologne, je les ai racontées plus longuement sur le blog — le récit complet est ici.
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